J’ai finalement entendu les signaux de mon corps et j’ai pris une pause

J’aime beaucoup dire que la course et tout autres sports doivent être pratiqués dans le respect de notre corps et dans son écoute. Je passe mon temps à prôner des habitudes qui favorisent un mode de vie sain. Cependant, j’ai parfois de la difficulté à moi-même appliquer ces principes et je trouve ça important de le mentionner.

Ces derniers temps je me plaisais beaucoup à dire que, par respect pour mon corps, je ne pouvais cesser de courir. Et c’est vrai. Tout ce que je vais dire peut donc sembler contradictoire et c’est probablement parce que, tout en partageant mes expériences, j’apprends au fur et à mesure que j’évolue à travers celles-ci. De plus, je remets constamment en question plusieurs aspects de ma vie afin de toujours m’améliorer.

Pourquoi je dis tout ça? Je ne suis pas en train de penser à cesser la course. Je ne fais pas non plus une croix sur mes objectifs, au contraire. J’ai enfin entendu les signaux que mon corps m’envoyait ces derniers mois, et j’ai décidé de prendre une pause de course annuelle pendant une bonne partie du mois de février. Je vous explique ce qui m’a mené à cette décision inattendue.

Le premier confinement m’a usée

Je trouve ça drôle de dire ça, car le confinement nous a tous usés (et continue de le faire). Ce n’est pas si drôle en fait, mais mieux vaut en rire peut-être. Bref, moi, je me suis usé un peu avec la course aussi.

J’ai décidé de traverser le premier confinement, seule, chez moi, avec mon petit chat. Je dis que j’ai décidé car mes parents m’ont offert, à plusieurs reprises, d’aller vivre avec eux pendant cette période plus difficile. Je savais donc que si je n’étais plus capable d’être seule, je pouvais aller les retrouver. Ça me rassurait.

J’ai décidé de rester seule chez moi car ça se passait plutôt bien. La course m’aidait beaucoup. Elle se révélait un véritable échappatoire pour moi. J’allais courir très souvent. Parfois 3 fois par jour. Je sentais que ça n’allait pas bien? Je ne réfléchissais pas plus longtemps, j’enfilais mes espadrilles et je sortais courir 5 ou 10 kilomètres. Parfois tard, vers 21h. Peu importe, il fallait que je me change les idées, que je sorte de cet appartement et que je fasse le vide.

À travers tout ça, je profitais souvent des fins de semaine pour faire des sorties longues. Ça comblait mon horaire du temps.

J’ai tout misé sur ce sport pour aller bien. Une partie de moi avait peur de se retrouver seule. L’inconnu qu’apportait le contexte de la pandémie me faisait peur aussi.

Égoïstement, je me disais parfois qu’il ne fallait pas que j’attrape ce virus, entre autres parce que je devrais cesser de courir et que je virerais probablement folle. Je croyais que la course était tout ce que j’avais à ce moment-là. Avec du recul, on peut voir que l’angoisse me brouillait un peu les idées. Cela dit, ça allait, somme toute, assez bien. Je ne faisais pas pitié. Je suis d’ailleurs très chanceuse d’avoir pu poursuivre mon sport pendant toute cette période.

Surentraînement et absence de pause

Malheureusement, même si la course m’a énormément aidé à bien traverser le premier confinement, je crois que je me suis surentraînée. Au moment où tout ça est arrivé, j’avais envie d’aller courir, ça me faisait du bien. Peut-être que l’adrénaline m’empêchait de bien entendre certains messages de mon corps. Peut-être que je ne faisais pas le lien entre mes symptômes et mon entraînement. Peut-être aussi que je ne voulais pas cesser de courir car j’en avais trop besoin mentalement à ce moment-là.

De plus, étant donné que les événements de course n’ont pas eu lieu à l’automne, j’ai pensé qu’une pause annuelle n’était pas nécessaire. J’ai donc continué de trainer l’épuisement du premier confinement avec moi.

Apparition de symptômes inquiétants

Assez tôt, j’ai commencé à remarquer l’apparition de certains symptômes que j’ai cru reliés au stress.

Problèmes gastro-intestinaux

Le premier symptôme que j’ai observé et qui a duré presque toute l’année est relié à ma digestion. Je remarquais que je digérais moins bien mes aliments.

Acné sévère dans le cou

Je me suis mise à souffrir de gros problèmes d’acné kystique dans la zone du cou et du bas du visage. Un type d’acné que je n’avais jamais eu auparavant. Même si j’appliquais une crème spécialisée que je m’étais fait prescrire par un médecin, mon acné ne guérissait pas. Ça faisait très mal. Encore là, je me disais que ce pouvait être dû au stress engendré par la pandémie.

Insomnie

Je n’avais jamais souffert d’insomnie dans le passé. J’ai pourtant commencé à passer des nuits blanches et à redouter l’heure du coucher. Voilà donc un autre symptôme qui pouvait aussi, très bien passer sur le dos du stress.

Arrêt des menstruations

Pendant plusieurs mois, je n’ai pas eu mes règles. Je dirais que c’est le symptôme qui m’a poussé à me questionner davantage sur mon entraînement. Je me disais que c’était peut-être aussi relié au stress ou à un débalancement hormonal.

Progression plus difficile

Pour couronner le tout, en plus de tous ces symptômes, je remarquais que je ne progressais plus aussi bien qu’avant. Même si je respectais de bons programmes, mes capacités ne s’amélioraient plus aussi facilement qu’elles avaient l’habitude de le faire. Je commençais à me décourager un peu.

Consultations de spécialistes

Curieusement, ayant déjà souffert d’anxiété sévère dans le passé, cette fois-ci, je ne pouvais pas dire que je me sentais particulièrement stressée. Je me disais alors que je devais être stressée sans m’en rendre compte.

En réalité, ce qui commençait à me créer du stress, c’était ma santé et tous ces symptômes. Je ne suis pas médecin, et malgré toutes mes hypothèses sorties de nulle part (ou de Google), je ne savais pas ce qui se passait en moi. J’ai donc consulté un spécialiste et passé plusieurs tests médicaux à deux reprises. À chaque fois, on m’assurait que tout était normal.

Questionnements sur ma pratique sportive

Avec tous ces symptômes sans explications, je n’ai pas eu le choix de me questionner plus en profondeur sur mes habitudes de vie et d’être honnête envers moi. Mon alimentation était devenue presque irréprochable et mon hygiène de vie globale était plutôt bonne. La seule chose que je voyais était ma pratique sportive. Le fait que ça faisait un bon moment que je ne m’étais pas accordé de pause et que j’en avais beaucoup demandé à mon corps sans y aller progressivement. J’ai donc pris la décision de tout cesser pendant un minimum de deux semaines.

L’importance de la coupure annuelle de course

Il est pertinent de souligner le fait que lorsque l’on s’entraîne beaucoup, une pause de course est nécessaire au moins une fois pendant l’année. En plus de reposer notre corps et de prévenir les blessures, on repose également notre mental. Si vous l’avez déjà vécu, vous saurez dire que ça fait du bien de s’accorder ce moment et d’être doux envers soi-même. On ne peut qu’en ressortir plus fort, prêt pour une nouvelle saison et de nouveaux défis.

Accepter de prendre une pause

Cela dit, il faut accepter de prendre une pause. C’est parfois difficile. Pour ma part, j’ai été agréablement surprise de constater que sur le plan mental, j’ai éprouvé peu de difficulté à prendre ma pause. Il faut dire que j’étais enthousiaste face à la possibilité de voir mes symptômes désagréables disparaître grâce à ce moment de répit.

Je dois aussi dire que cette pause était plus que bienvenue pendant ce mois gelé. J’ai même profité de ce moment pour revoir d’autres habitudes de vie comme faire un mois sans alcool pour repartir sur des bases saines.

Amélioration de mon état général

Dès la première semaine de pause, j’ai commencé à voir une différence. Je dormais mieux, je digérais mieux, je me sentais plus énergique et ma pause m’a apporté beaucoup de repos mental. Elle m’a permis de prendre du recul et de bien me préparer pour la saison de course. De planifier mon programme intelligemment.

J’ai trouvé que le mois de février était parfait pour prendre une pause, surtout parce que je demeure dans un pays nordique et que les tempêtes de neige et les grands froids se font plus nombreux à cette période-ci de l’année. De plus, c’est un mois qui est assez loin des compétitions annuelles de course.

Envisager la suite

Cet événement m’a fait réaliser encore plus à quel point je suis en constant apprentissage à travers mon sport. Je savais bien que c’était important de faire des pauses pour récupérer et mieux progresser. Cependant, je ne réalisais pas que ce l’était autant. Je ne savais surtout pas que le surentraînement est un risque réel qui ne touche pas uniquement les athlètes de haut niveau.

Maintenant, 3 semaines se sont écoulées depuis le début de ma pause. Dans la dernière semaine, je suis allée courir 2 fois, de petites courses très très tranquilles. Lors des prochaines semaines, je compte recommencer de manière progressive. Je me suis créé un plan que je vais m’obliger à respecter. Je me permettrai de le briser uniquement pour me reposer.

Recommencer à courir progressivement

Conclusion

J’espère que mon histoire vous aidera à prévenir et identifier un état de surentraînement. Aussi, qu’elle vous encouragera à continuer de vous écouter ou à le faire davantage.

Rappelons-nous toujours qu’il ne faut pas être trop dur envers soi-même. On est en constant apprentissage. L’important, c’est de demeurer passionné, reconnaissant envers notre corps et enthousiaste face à la pratique de notre sport.

Merci de m’avoir lu et bonne course.

Kim

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