Mes premiers moments de course et comment un ouragan m’a sûrement sauvé la vie

Mes premiers moments de course à pied ne reflètent pas vraiment la philosophie et la relation que j’entretiens avec ce sport aujourd’hui.

Pendant plusieurs années, mon insouciance et mon ignorance ont fait de moi une coureuse très instable et indisciplinée dans ses entraînements. Par exemple, je pouvais être 3 mois sans courir un seul kilomètre et tout d’un coup, je me réveillais un matin et décidais qu’il était temps de m’y remettre. J’enfilais alors mes espadrilles et je partais courir 10 km sans arrêt pour ensuite être courbaturée pendant 3 jours. La sagesse me manquait.

Avant de commencer à courir, je n’avais jamais vraiment réalisé que je pouvais être très orgueilleuse et que cet orgueil ne me rendait pas service, surtout pas dans mon sport préféré. Mais en même temps, c’est peut-être ce petit trait de ma personnalité qui m’a permis, à mes tout débuts, de me pousser à fond dans la course et de découvrir tout ce qu’elle pouvait m’apporter.

Tout a commencé vers l’âge de 15 ans. À l’époque, mon professeur d’éducation physique organisait des sorties de course à pied à chaque année. Ces courses d’environ 4 km avaient lieu en septembre et nos temps étaient calculés pour ensuite être affichés sur une feuille exposée dans l’espace commun de l’école. On y voyait inscrits les noms de ceux qui avaient eu les meilleures performances. Moi, petite âme naïve et influençable que j’étais, j’avais vu là ma première et principale source de motivation; la reconnaissance par mes pairs.

C’est donc dans l’espoir d’obtenir l’un des meilleurs temps que j’avais commencé à me préparer pour cette course en m’entraînant plusieurs soirs par semaine. Je courrais des distances de 2 ou 3 km. Je me souviens très bien de la sensation de bien-être que je ressentais lorsque je terminais mes courses et que j’allais m’échouer sur mon trampoline. L’endorphine, que je ne savais alors pas responsable de cette sensation, était devenue une nouvelle source de motivation.

Quelques années plus tard, la course faisait encore partie de ma vie et toujours fidèle à la jeune fille insouciante que j’étais, je n’étais toujours pas raisonnable dans le dosage de mes entraînements. Un jour, ma soeur m’a parlé de cet homme qu’elle avait croisé lors d’un voyage en covoiturage. Il était âgé d’une quarantaine d’années et était un adepte de la course à pied. Il avait déjà plusieurs marathons à son actif et avait longuement parlé de sa passion à ma soeur qui elle, avait eu une pensée pour moi.

L’histoire de ma soeur m’avait alors donné l’idée de relevé, moi aussi, le défi que représente un marathon. Je voulais courir 42,2 km et pouvoir ressentir cette fierté que cela doit provoquer. Toutefois, j’étais si peu informée à propos de la préparation nécessaire et aucunement consciente de ce que cela représentait véritablement.

C’est à peine si j’y ai réfléchi plus de 3 jours, puis je me suis inscrite au Marathon de Québec 2011. Oui, moi, du haut de mes 19 ans, avec mon entraînement inadéquat et mon expérience plus que négligeable dans ce sport, j’allais courir 42,2 km. Les gens de mon entourage étaient, eux aussi, peu informé sur le sujet et ne savaient pas que je m’engageais à relever un défi qui pouvait représenter un danger pour ma santé vu l’état de ma préparation.

L’événement avait lieu en fin août et je crois qu’une force suprême s’est manifestée et m’a sauvé la peau. Pourquoi? Parce que, croyez-le ou non, cela arrive rarement, mais le marathon a été annulé. En effet, de grands vents causés par l’ouragan Irene étaient attendus dans la ville de Québec. La direction de l’événement n’avait cependant pas annulé le demi-marathon et avait invité les gens inscrits au marathon à courir un demi-marathon.

C’est donc ce que j’ai fait. Mais avec le peu de préparation que j’avais, c’était déjà trop. J’ai terminé mon 21,1 km et j’ai également été courbaturée pendant toute la semaine qui a suivi. À l’époque, je l’ignorais, mais j’avais été chanceuse de ne pas courir ce marathon et surtout, de ne pas m’être blessée.

Mes premiers moments de course à pied ne sont donc malheureusement pas du tout exemplaires mais ils m’ont permis d’apprendre à me connaître et aussi, d’acquérir de l’expérience. Ils sont des souvenirs précieux car ils reflètent un peu la personne que j’étais et celle que je suis encore mais avec une petite dose de sagesse en plus. J’ai appris que ce sport ne peut être bien pratiqué que si l’on écoute les messages que notre corps nous envoie.

Bien sûr, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre sur ce sport que je me considère chanceuse de pouvoir pratiquer mais il y a une chose que je suis certaine, c’est que la course à pied me fait me sentir vivante et me permet d’offrir la meilleure version de moi-même. J’en ai besoin, et aujourd’hui, ma relation avec elle est nettement plus saine et c’est tant mieux pour moi, mon petit coeur et mes pauvres jambes.

Et vous? À quoi ressemblent vos premiers moments de course à pied? Sont-ils synonymes de sagesse ou de chaos comme moi?

Merci de m’avoir lu et bonne course!

Kim

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